Le fief des Arcs

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Le château des Arcs ou de Provigny se situe au pied de l’aqueduc, côté Cachan. Les piliers restants de l’aqueduc gallo-romain sont dans son parc.

 Il appartient au milieu du 16e siècle à Claude d’Alligre, Conseiller des menus plaisirs du roi. Anobli en 1548, il aurait fait construire le portail encastré dans les arcades durant cette même année. Son fils, Jean Aligre, possède le domaine en 1580.

François Donjat (ou Doujat, les deux orthographes sont fréquentes), conseiller du roi et maître ordinaire de son autel, est seigneur des Arcs à partir de 1635, et encore mentioné vers 1680. Son épouse, Marie-Magdeleine Tiraqueau, est dite dame des Arcs et Danjou (ce second domaine étant sans doute celui que Bertrand du Guesclin a cédé au duc d’Anjou en 1377, mais dont l’emplacement n’est pas certain). Sur un plan de 1699, le moulin seigneurial d’Arcueil, vers l’actuelle rue de la Convention, est désigné comme « Moulin Doujat » et « Mr Doujat » est écrit à côté du château de Provigny.

En 1757, la famille Donjat / Doujat cède les Arcs à l’orfèvre René Delinthe. Sa fille Anaclette Julie Delinthe en hérite, et épouse, un peu avant la révolution, Jean Elisabeth Barthélémy Cousin de Méricourt, caissier chez le trésorier des Etats de Bourgogne.

Accusé d’avoir fourni des liquidités à un « émigré » (un noble fuyant le territoire durant la Révolution) appelé Gallet de Mondragon, Cousin de Méricourt est arrêté en janvier 1794, sommairement jugé et exécuté en juillet. Cet épisode vaut longtemps à la ville d’Arcueil-Cachan le sobriquet d’Arcueil-les-faux-témoins, ses habitants étant accusés – à tort – d’avoir menti au sujet de Méricourt.

Cousin de Méricourt et Anaclette Delinthe ont eu une fille, Anaclette Cousin de Méricourt, qui se marie avec Louis Edouard Besson, colonel dans la garde nationale, pair de France. Leur fille Palmyre Anaclette, qui hérite du domaine, est connue à Arcueil-Cachan comme Madame de Provigny, généreuse bienfaitrice de la ville.

En 1891, elle donne déjà une somme considérable pour restaurer l’église d’Arcueil. Et en 1900, recluse dans sa demeure parisienne après la mort de son époux, sans héritier, elle lègue à l’assistance publique sa propriété de Cachan et la somme de 10 millions pour que soit fondé un hospice. Il voit le jour en 1913.

Une légende locale était encore attachée au château à la fin du 19e siècle : celle du géant Malassis, dont la venue anonçait un malheur. Inconfortablement installé sur la petite chapelle du domaine, il avait les pieds posés sur l'aqueduc et la tête perdue dans les nuages. Les enfants du quartier savaient qu'ils risquaient de recevoir sa visite s'ils n'obéissaient pas à leurs parents.

Le château de Provigny est aujourd’hui le conservatoire municipal de Cachan.

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