Le fief de Montmort

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Un fief vassal de la seigneurie d’Arcueil se trouvait entre les rues Sidobre, rue Montmort, rue de la Fontaine et rue de la division Leclerc, à la limite du domaine Lombard / Irlandais.

Les deux moulins à eau et à a vent dits « de la Roche » ou « de Crèvecoeur » en dépendaient, et l'Aumônerie, un temps occupée par le marquis de Sade, appartenait au domaine.

Jacques Varin évoque un Monsieur de Montmort, sieur d’Arcueil en 1596, qui pourrait avoir donné son nom au fief. La famille de Vize, qui achète des terres à Arcueil à partir de 1568, détient le domaine au 17e siècle. L.L. Veyssière cite Claude de Vize, Pierre de Vize qui meurt au milieu du siècle (son cercueil a été retrouvé en sous-sol de l'église Saint-Denys), et Simon Everit de Vize, seigneur d'Arcueil "en partie" et sire de Crèvecoeur. Au 18e siècle, la seigneurie appartient Thoinard, fermier général, et ses héritiers la détiennent toujours en 1765.


Le fief Montmort, appelé "clos à Monsieur Vigue" sur la carte de 1688 (le nord est en bas)

En 1788, François Cauchy achète une maison située 77 rue Emile Raspail, où il met peu après sa famille à l'abri des troubles révolutionnaires. Il achète le parc Montmort en 1791. Celui-ci comprend alors des prés, des terres labourables, des taillis et une grande surface "en etangs et en marais" entre le canal et la Bièvre. Ce canal (visible sur la carte des chasses ci-contre, à gauche du cours principal) existe toujours en 1885, plutôt sous la forme d'un bassin où l'on pêche de petits poissons.

François Cauchy, qui a été conseiller municipal, meurt en 1848. Le domaine est alors réparti en lots et vendu. La partie de la rue Cauchy qui monte de la rue de la Fontaine à la Médiathèque (lieu-dit de la "Croix bossée") est ouverte et la rue de L'Ardennay prolongée au-delà de la Bièvre.

Un portail subsiste au 4bis, rue Montmort jusqu'au 20e siècle (George Poisson en parle en 1968). Il s'ouvre sur une cour où se trouve une belle grange du 17e siècle, démolie, elle, en 1938. L.L.Veyssière rapporte l'existence sous cette grange d'un souterrain où, enfant, il s'est personnellement aventuré. Il s'agit d'une galerie centrale où s'ouvrent des caveaux de 4-5 mètres carrés. Le souterrain continuait alors sous l'avenue Emile Raspail, mais était en partie obstrué par des éboulements.

Un couvent des « Dames de Montmort » aurait par ailleurs eu son porche d’entrée dans la rue Montmort au 17ème siècle. Ce point reste cependant contesté du fait du manque de preuves, en en particulier de l'absence de trace dans les archives ecclésiastiques.

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