La maison à colonne

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Dessin –très fantaisiste, en particulier concernant les toits– présentant la disposition d’ensemble de la demeure. Ce que nous voyons aujourd’hui est le bas des parties c et d.

La maison que nous appelons aujourd’hui « à la colonne » est une ruine, mais c’est sans doute, avec la maison des Gardes, la plus vieille demeure arcueillaise que nous puissions observer. Sa partie la plus ancienne, détruite dans les années 90 lors de la construction de la cité de l’Eglise, était datée fin 15ème – début 16ème siècle. La portion qui est encore visible a été construite à partir de la fin du 17ème siècle.

La maison à la colonne était un de ces hôtels particuliers qui existaient alors à Arcueil, en centre ville, entre les domaines plus importants de la noblesse et du clergé. Elle était composée de deux bâtiments, dont une boutique ouverte sur la rue Emile Raspail, au numéro 38. Elle possédait aussi d’importantes caves et une galerie souterraine d’une longueur exceptionnelle, peut-être le tunnel d’accès d’une ancienne carrière, qui partait de la rue Cauchy et aboutissait sous la maison. Nous n’avons pas encore pu nous procurer le très beau dessin réalisé en 1744 par J.B.Oudry, qui représente le pavillon (d) vu en contre-plongée, du pied des somptueux escaliers à balustres du jardin.

Partie a – C’était le noyau, la partie la plus ancienne (15ème-16ème siècle), qui n’existe plus depuis les années 90. Elle comprenait une boutique donnant au 38 de la rue Emile Raspail (complètement à droite sur le dessin, à peu près là où se trouve aujourd’hui la sandwicherie voisine de l’agence du Crédit Agricole). Le rez-de-chaussée était formé de trois pièces à usage commercial, bien que nous ignorions la nature de l’activité de la boutique. Au-dessus, à l’étage, se trouvaient trois pièces d’habitation. Un grand pignon était visible sur la droite de la façade.

Partie b - Derrière cette première bâtisse se trouvait une cour, toujours visible, qui la séparait de la seconde maison. Une galerie couverte possédant des murs à colombages et un plafond peint noir et bleu permettait de circuler entre le bâtiment (a) et le bâtiment (c) en longeant la cour.

Partie c – Il s’agissait de l’édifice principal, baptisé « maison de maître » par le Laboratoire Départemental d’Archéologie, et dont on peut toujours voir les fondations et la partie basse. Elle a été construite au 17ème siècle. Au rez-de-chaussée, elle comprenait un vestibule, un salon d’assemblée, une chambre donnant sur le « pavillon à la colonne » et une petite pièce pour le gardien. Au premier étage se trouvaient trois petites pièces de service et des salons, dont un, utilisé comme chambre, donnant sur le jardin. Les combles étaient aménagées pour le personnel de maison. Un puits est toujours visible, contre cette maison de maître, du côté de la cour (b).

Du fait de la forte pente, le rez-de-chaussée côté cour se trouvait au premier étage côté jardin. Les portes que l’on voit de plein pied face au jardin étaient en réalité les accès aux caves.

Partie d – la maison de maître possédait une aile, soutenue par des piliers, qui s’éloignait vers le jardin : c’est le « pavillon à la colonne », datant du 18ème siècle. Sa partie basse et la fameuse colonne sont encore visibles.

Devant lui s’étendait ensuite le jardin, comprenant des terrasses à balustres, un double escalier monumental donnant sur la propriété du n°36, un bassin. Un second puits orné de ferronnerie se trouvait également dans le jardin.



Les caves, dont on voit l’accès côté jardin, s’étendaient sous les deux demeures. Sous le bâtiment (a), la "boutique", se trouvait en particulier une très belle cave voûtée.

La galerie

A l’intersection entre le pavillon (d) et la maison de maître (c), se trouvait un escalier qui s’enfonçait profondément en dessous des caves. Là débutait une grande galerie de 37 mètres de long, orientée vers l’est et constituée d’un couloir donnant sur de nombreuses petites caves. Elle se terminait par six marches qui remontaient dans un immeuble de la rue Cauchy, face à la rue de la Fontaine.

Il s’agissait peut-être, à l’origine, d’un tunnel permettant d’accéder depuis la rue Cauchy à des carrières situées de l’autre côté de la rue Raspail, sous le parc Paul Vaillant-Couturier. Le Laboratoire Départemental d'Archéologie estime qu'elle aurait été coupée lors de la construction de la cave de la boutique(a). Cette galerie serait donc encore plus ancienne, soit au minimum du 15ème siècle.

Elle a été utilisée comme abri durant la seconde guerre mondiale.

CS

Source : « Arcueil ZAC de l’Eglise », rapport du Laboratoire Départemental d’Archéologie du Val-de-Marne (V. Brunet, F. Duceppe-Lamarre, F. Mousset, G. Vergison Rozier, S. Wicha. Sous la direction scientifique de Philipe Andrieux – 1995).

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