Les Quatre chemins

Le quartier d'Arcueil situé près de Villejuif autour du carrefour des avenues Vaillant-Couturier et Gabriel Péri est resté essentiellement agricole jusqu'au début du 20ème siècle. Des cultures de blé, tout d’abord, puis des jardins maraîchers ont occupé le coteau montant vers Villejuif. Des pépinières et des champs de luzerne s’y trouvent jusqu’en 1920.

Les vignes sans doute beaucoup bien plus anciennes sont mentionnées au 14e siècle sur tous les lieux-dits qui entourent le carrefour : au Vaudenaire (actuelle cité du Cherchefeuille), à Montpétrin (rue Ch. Grégoire, Impasse Vuilleminot), aux Martinets (rues M. Barbieri, M.H. Guilbert, de la Villageoise). Même si les vignes étaient présentes sur les deux versants de la vallée de la Bièvre, les Quatre chemins semblent avoir occupé une place particulière dans l'activité des vignerons : au 18e siècle, par exemple, les hommes de garde ou « messiers » chargés de surveiller les vignes d’Arcueil-Cachan s'y retrouvent chaque matin pour recevoir du garde champêtre les consignes pour la journée et le signe de ralliement (généralement un certain nombre de coups de sifflet).

Comme partout en Ile-de-France, la vigne décline à partir de la 2e moitié du 19e siècle. Cette disparition progressive est due à plusieurs facteurs : le développement des carrières et le besoin croissant de terrain à bâtir l'expliquent en partie. Mais elle est surtout due à l'arrivée du chemin de fer, qui déverse sur le marché parisien, le premier d'Europe, les crus du sud de la France, plus appréciés. Quant au phylloxéra, que l'on rend souvent responsable de la disparition du vignoble parisien, son apparition à Arcueil est postérieure à ce déclin.


"Route de l'Haÿ" - actuelle avenue Gabriel Péri

De grandes carrières se trouvaient aussi sur le plateau, parmi lesquelles celle dite des Géants, qui bénéficie d'une certaine célébrité auprès des cataphiles. Son nom fait référence à ses grands piliers à bras, une technique d'exploitation apparue à la fin du 18e siècle et courante au 19e siècle. Après la guerre de 1870, les carrières sont plutôt utilisées pour la culture des champignons "de Paris", dont plus de la moitié est en réalité produite en proche banlieue.

Notons aussi que c'est dans l'une de ces carrières convertie en champignonière, probablement située sur le territoire du Kremlin Bicêtre vers l'intersection de Villejuif et d'Arcueil, que se déroule en 1897 le fait divers sordide connu comme l'affaire Carrara. En novembre, l'exploitant, Angelo Carrara, tue et fait brûler dans sa champignonière un commis de banque venu encaisser une traite.

La carrière des Géants sera le sujet d'un article ultérieur, dans la rubrique "Caves & souterrains".

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