Le Chaperon vert

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Cité du Chaperon vert en 1964

Un vaste ensemble de logements sociaux est aujourd'hui construit à l'emplacement ce lieu-dit ancien, aux confins de de Gentilly et d'Arcueil. Dans les années 1950 se trouvaient encore, côté Arcueil, la centaine de baraques insalubres de la Villa Mélanie.

Le nom du "Chaperon vert"

Diverses hypothèses sont avancées quant à l'origine de ce nom. En voici quelques-unes, rapportées par des contributeurs de ce site :

On m'a toujours dit que le nom de la cité du "Chaperon vert" venait du fait que l'on n'a utilisé des briques rouges appelées "chaperons" pour la construction des bâtiments et que ceux-ci étaient entourés d'espaces vert.
Claude - habitant du Chaperon vert de 1958 à 1983 - contribution de juin 2010.

En fait, le nom de la cité du Chaperon vert, selon mes recherches, ferait référence à un ancien lieu-dit. A la place de cet ensemble d'immeubles se trouvait une auberge ou une guinguette à l'enseigne : le Chaperon vert. L'appellation pourrait aussi rappeler la coiffure caractéristique de couleur verte que portaient les pensionnaires d'un asile psychiatrique situé à cet endroit.
Dufreuil - contribution de mai 2011
C'est également cette version que rapporte Robert Touchet dans Arcueil, rues d'hier et d'aujourd'hui.

Notons enfin l'hypothèse formulée par l'historienne Madeleine Leveau-Fernandez dans « OPIHLM d’Arcueil-Gentilly, 50 ans d’engagement », page 27 : Nous nous risquerons à avancer [une hypothèse], tout à fait personnelle et, elle non plus, pas vérifiée. Lors de la querelle entre les Armagnacs et les Bourguignons, au XVe siècle, toute la région de l’actuel Val-de-Marne fut dévastée et pillée par les troupes des deux camps, d’autant que le duc de Berry, alors seigneur du château de Bicêtre, était partie prenante dans cette guerre civile. Chacun des deux parties avait une particularité vestimentaire qui servait de signe de ralliement. Les Armagnacs […] portaient une écharpe blanche qu’ils passaient sous l’épaule gauche puis sous l’aisselle droite. Les Bourguignons se coiffaient d’un chaperon vert et portaient une croix blanche de Saint-André. Il est permis d’imaginer que le nom de cet ancien lieu-dit du Chaperon vert viendrait d’une bataille plus sanglante que les autres qui se serait tenue là ou bien d’un campement de Bourguignons […].

De la villa Mélanie à la cité du Chaperon vert

Depuis le début du 20e siècle, une centaine de baraques connues comme la villa Mélanie se trouvaient en bordure du Chaperon vert, non loin de l'avenue Jaurès à Arcueil. Cet ilôt insalubre de bois et de tôle, sans eau courante, est représentatif du problème du mal-logement qui culmine en Ile-de-France dans les années 1950, comme en témoigne le célèbre appel de l'abbé Pierre. Partout en banlieue, des bidonvilles se développent, obligeant les communes et l'Etat à créer dans l'urgence de très grands ensembles HLM.

Arcueil et Gentilly avaient fondé dès la fin des années 1940 un Office Public Intercommunal HLM. Sa priorité est de reloger décemment les habitants de la villa Mélanie d'Arcueil et de l'îlot Calmus de Gentilly. Le site choisi est celui du Chaperon vert qui n'est occupé, hormis la villa, que par une usine de vidange et d'engrais. Charles Malaurent, architecte communal d'Arcueil, Lucien Métrich, architecte communal de Gentilly et Jacques Poirrier, architecte du ministère de la Rénovation Urbaine, conçoivent les bâtiments.

Mais la préfecture de la Seine a d'autres projets : une extension au sud de la Cité Universitaire de Paris, un centre hospitalier, et surtout la construction de l'autoroute A6. La bataille administrative qui s'engage retarde de plusieurs années la construction de la cité, qui ne peut débuter qu'en 1955 pour se terminer en 1965.

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