Caves & souterrains

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Note : nous nous abstenons de fournir ici des localisations trop précises, en particulier celles des accès de surface. Tout d'abord parce qu’il est interdit -et dangereux sans préparation- de descendre dans les anciennes carrières, ensuite parce que leur présence sous les habitations peut avoir des conséquences pour les propriétaires, en particulier sur la valeur de leurs biens.
Remerciements au Kataclan.

Le GRS à la Vache noire

Le « GRS », pour les initiés, c’est le Grand Réseau Sud, les fameuses catacombes du 14e arrondissement. Cet ensemble considérable, dont une partie peut être visitée légalement, se situe essentiellement autour de la place Denfert-Rochereau. Parmi ses portions interdites au public se trouve néanmoins une très longue extension datant de la fin du 19e siècle, connue comme la galerie de la Vanne, qui franchit le périphérique près de la cité Universitaire.

Des galeries existent depuis toujours autour de l’ancienne route d’Orléans. Le plus vieux plan d’Arcueil, celui dressé en 1688 pour le compte des moines cachanais de Saint-Germain-des-Prés, montre déjà des carrières situées au carrefour de la Vache noire, côté Montrouge, précisément là où se dressera plus tard l’auberge qui a donné son nom au quartier. Dès le 18e siècle, on rapporte le passage de contrebandiers transportant de l’alcool dans des galeries reliant Bagneux à Paris près de la route d’Orléans. Les autorités luttent contre cette fraude, en particulier en murant des accès autour de la porte d’Enfer.

Ce sont par ailleurs les effondrements le long de la future N20 en 1774 et 1777 qui sont, avec d’autres survenus à la même période près de la porte d’Enfer, à l’origine de la création de l’Inspection Générale des Carrières sous Louis XVI.

Lors de la construction de l’aqueduc de la Vanne, débutée dans les années 1860, une galerie dite « de confortation » est aménagée sous la future conduite d’eau. Elle permet d’inspecter, puis de consolider ou de boucher les anciennes carrières susceptibles de menacer l’ouvrage. Comme l’aqueduc, ce très long tunnel passe sous le Périphérique au niveau de la Cité universitaire, se dirige en ligne droite jusqu’au carrefour de la Vache noire, qu’il franchit pour aboutir près du fort de Montrouge. De là, il longe la nationale 20 près de la rue de la Côte d’Or et revient vers le centre d’Arcueil au Sud de la Croix par la promenade de l’aqueduc. Cet interminable souterrain rectiligne a une certaine notoriété à la fin du 19e siècle, en particulier auprès des gendarmes : comme les tunnels plus anciens qu’il a permis d’obstruer, il est en effet utilisé par les contrebandiers pour faire entrer de l’alcool dans la capitale en évitant les barrières d’octroi.


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Au niveau de la Vache noire, une première ramification s’écarte de la galerie principale. Elle descend à l’est vers Arcueil, parallèlement à l’avenue Laplace, quelque part entre celle-ci et la nouvelle cité Paysagère. Il est possible qu’elle ait été coupée ou injectée lors des travaux actuellement (2011) en cours sur l’emplacement de l’ancienne cité HLM de la Vache noire. Divers indices nous amènent à supposer qu’elle pouvait aboutir tout près de l’ancienne distillerie Anis Gras.

Un peu plus au sud, une deuxième galerie s’éloigne du tunnel de la Vanne. Elle se dirige cette fois à l’ouest, vers le fort de Montrouge construit au milieu du 19e siècle. Elle était d’ailleurs intégrée à sa défense en fournissant aux garnisons un moyen de communiquer avec la capitale en cas de siège, comme ce fut le cas en 1870-71 (guerre franco-prussienne puis insurrection de la Commune). Cette galerie permettait, autrefois, de rejoindre depuis la Vache noire le gigantesque réseau dit « SNCF » qui date de la même époque et s’étend sous presque toute la moitié nord de Bagneux (Fort de Montrouge, cimetière parisien, gare passagers et gare de triage de Châtillon…). Par ailleurs, quand on connaît l’importance de la traque aux insurgés qui se déroula dans les catacombes à la fin de la Commune, et en particulier au parc Montsouris où tous les accès furent cernés par l’armée Versaillaise, on peut se demander si le souterrain du fort, longtemps tenu par les Communards, n’en fut pas le théâtre.

Toujours à mi-chemin entre la Vache noire et la Croix d’Arcueil, d’autres galeries issues d’anciennes carrières s’écartent du souterrain de la Vanne en direction de l’est, côté Arcueil. Elles passent quelque part vers la villa Moderne ou le grand magasin de fenêtres. Elles aboutissent à un réseau en anneau connu des cataphiles comme la « salle des Orques ». De petites galeries radiales s’en écartent, l’ensemble ayant grossièrement la forme d’un soleil. On y trouve des piliers à bras (piliers formés d’empilement de blocs, typiques du 19e siècle), des murs maçonnés et une plaque apposée en 1843, lors de sa confortation par l’Inspection Générale des Carrières.

C.S.

Articles à venir :
Caves & souterrains (II) : la cave Montmort
Caves & souterrains (III) : le réseau de la Vanne sous le pont-aqueduc
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Commentaires

Bonjour ; Est-ce qu'il y a des références archivistiques évoquant ceci : "Dès le 18e siècle, on rapporte le passage de contrebandiers transportant de l’alcool dans des galeries reliant Bagneux à Paris près de la route d’Orléans" ? Merci de la réponse.

Bonjour, Je viens de parcourir plus en détail votre site; je vous remercie pour la qualitè de votre travail. Habitant la rue du Fief des Arcs à Cachan, j'ai été particulièrement intéressé par ce qui touche l'ancien hameau d'Arcueil. Merci Cordialement Marcel BREILLOT

Monsieur Breillot, Merci et bravo à vous également pour le travail très intéressant des Ateliers du Val-de-Bièvre. J'espère prendre contact prochainement avec votre association, entre autres pour commander des numéros de votre revue. Cordialement Christophe Seguin

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